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التمويل الإسلامي

المضاربة والمشاركة: الشراكة بدلاً من الإقراض

مال من طرف وعمل من طرف آخر: كيف تعمل المضاربة والمشاركة، ومن يتحمل الخسارة، ولماذا هما البديل عن القرض بالفائدة.

3 دقائق للقراءة · نُشر في 25 أكتوبر 2026 · 5 مصادر

Tu as de l'argent mais pas le temps de le faire fructifier ; une autre personne a le savoir-faire mais pas le capital. L'islam propose de vous associer plutôt que de prêter avec intérêt. Deux formes existent : la moudaraba et la moucharaka.

La moudaraba : l'argent de l'un, le travail de l'autre

Dans la moudaraba (appelée qirad dans l'école malékite), l'un apporte le capital, l'autre son travail. Avant de commencer, ils fixent comment partager le bénéfice : par exemple 60 % pour celui qui a apporté l'argent, 40 % pour celui qui travaille.

Avant la révélation, le Prophète ﷺ faisait du commerce vers la Syrie avec l'argent de Khadija, contre une part du bénéfice : c'est le modèle même de cette association (Ibn Ishaq, Sira).

Ce que dit la tradition

L'imam Malik rapporte dans le Muwatta (livre du qirad) l'histoire des deux fils de 'Umar ibn al-Khattab. Revenant d'Irak, ils avaient reçu de l'argent public pour faire du commerce. 'Umar a estimé qu'ils ne pouvaient pas garder tout le bénéfice ; sur le conseil d'un compagnon, il a transformé l'opération en qirad : le capital et la moitié du bénéfice pour le Trésor, l'autre moitié pour ses fils.

Les juristes des quatre écoles ont ensuite détaillé ses règles (Ibn Rushd, Bidayat al-Mujtahid, livre du qirad).

Les règles essentielles

1. Le bénéfice se partage en pourcentage, jamais en somme fixe garantie. Promettre « 100 000 F par an quoi qu'il arrive », c'est un prêt à intérêt déguisé. 2. La perte est pour le capital. Si l'affaire perd de l'argent sans faute du gérant, celui qui a investi perd une partie de son argent ; le gérant, lui, perd son travail (AAOIFI, norme 13). 3. En cas de faute, de négligence ou de non-respect du contrat, c'est le gérant qui rembourse. 4. Le gérant ne garantit pas le capital. Exiger de lui qu'il rende toujours la somme de départ transforme l'association en prêt.

La moucharaka : chacun apporte de l'argent

Dans la moucharaka, tous les associés apportent du capital et souvent aussi du travail. Le bénéfice se partage selon ce qu'ils ont convenu ; la perte, elle, se partage toujours selon la part de capital de chacun (AAOIFI, norme 12).

Exemple : deux amies ouvrent un salon de coiffure, l'une avec 2 millions, l'autre avec 1 million. Si elles perdent 300 000 F, la première en supporte 200 000 et la seconde 100 000.

Pourquoi c'est mieux que le prêt à intérêt

Avec un prêt à intérêt, le prêteur gagne quoi qu'il arrive : si l'affaire coule, l'emprunteur doit rembourser plus qu'il n'a reçu. L'association, elle, répartit le risque : on gagne ensemble, on perd ensemble. C'est ce qui rend le gain légitime.

Avant de t'associer

  • Écris le contrat : apports, partage du bénéfice, durée, ce qui se passe en cas de perte ou de départ.
  • Choisis un associé de confiance et demande des comptes réguliers.
  • Vérifie l'activité : un commerce licite, sans riba ni produits interdits.

Pour voir ces règles en action, suis l'histoire de Moussa et Fatou dans l'onglet « Moudaraba » de la page Finance islamique de Dalil.

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