وَمِنْ آيَاتِهِ أَنْ خَلَقَ لَكُم مِّنْ أَنفُسِكُمْ أَزْوَاجًا لِّتَسْكُنُوا إِلَيْهَا وَجَعَلَ بَيْنَكُم مَّوَدَّةً وَرَحْمَةً
« Parmi Ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles, et Il a mis entre vous affection et bonté. » (sens du verset, Ar-Rum 30:21)
Le mariage est un contrat, mais d'abord une promesse de tranquillité, d'affection et de miséricorde. Le Coran l'appelle un « engagement solennel » :
وَأَخَذْنَ مِنكُم مِّيثَاقًا غَلِيظًا
« Et elles ont obtenu de vous un engagement solennel. » (sens du verset, An-Nisa 4:21)
Bien choisir
« On épouse une femme pour quatre raisons : ses biens, son rang, sa beauté et sa religion. Choisis celle qui a la religion, tu seras comblé » (Sahih al-Bukhari, n° 5090 ; Sahih Muslim, n° 1466). Le même critère vaut pour l'homme : sa piété et son bon caractère avant sa fortune.
Les conditions, selon l'école malikite
L'école malikite, majoritaire en Côte d'Ivoire, retient notamment :
- Le consentement des deux époux. « La femme déjà mariée n'est mariée qu'après avoir été consultée, et la vierge qu'après avoir donné sa permission » (Sahih al-Bukhari, n° 5136). Un mariage forcé n'est pas un mariage voulu par l'islam.
- Le tuteur (wali) de la femme, qui la représente au contrat : « Pas de mariage sans tuteur » (Sunan Abi Dawud, n° 2085 ; Jami' at-Tirmidhi, n° 1101).
- La dot (mahr ou sadaq), qui appartient à l'épouse : « Donnez aux épouses leur dot, de bon cœur » (An-Nisa 4:4). Le Prophète ﷺ encourageait une dot qui ne soit pas un fardeau.
- La formule du contrat, demande et acceptation.
- La publicité du mariage, avec des témoins, pour que l'union soit connue.
Les détails varient d'une école à l'autre : pour ton mariage, l'imam qui célèbre te guidera.
La dot : un droit de l'épouse, pas un fardeau
La dot appartient à l'épouse seule : ni son père ni sa famille n'ont le droit de la garder. Elle peut être en argent, en bijoux, en biens, payée tout de suite ou en partie plus tard, si c'est écrit au contrat. Le Prophète ﷺ a dit : « Le meilleur mariage est le plus facile » (Sunan Abi Dawud, n° 2117). Des exigences démesurées retardent les mariages des jeunes et poussent vers l'interdit.
Le repas de noces
« Offre un repas de noces, ne serait-ce qu'avec un mouton » (Sahih al-Bukhari, n° 5167). La walima annonce le mariage et réunit la famille et les voisins ; elle ne doit pas ruiner les mariés.
Des droits de part et d'autre
وَلَهُنَّ مِثْلُ الَّذِي عَلَيْهِنَّ بِالْمَعْرُوفِ
« Elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. » (sens du verset, Al-Baqara 2:228)
| Le mari doit | L'épouse doit |
|---|---|
| la dot, convenue au contrat | la fidélité et le respect du foyer |
| la nourriture, le logement, les vêtements, selon ses moyens | prendre soin des biens du foyer |
| la bonne compagnie, la douceur, l'équité entre ses épouses s'il en a plusieurs | la bonne compagnie et la concertation |
Et pour les deux : le secret du couple, le bon comportement avec la belle-famille, la patience.
En Côte d'Ivoire : le mariage civil d'abord
La loi n° 2019-570 du 26 juin 2019 définit le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme célébrée devant l'officier de l'état civil. Le mariage religieux seul n'a pas d'effet légal : il ne protège ni l'épouse ni les enfants en cas de séparation ou de décès (héritage, pension, droits sur le logement).
La loi de 2019 permet de choisir entre trois régimes : la communauté réduite aux acquêts, la séparation de biens, ou un contrat de mariage chez le notaire. Elle laisse aussi à l'épouse le choix de porter ou non le nom de son mari.
En pratique : faire le mariage religieux et le mariage civil, c'est respecter la Charia et protéger sa famille devant la loi.
Bien vivre ensemble
« Le meilleur d'entre vous est le meilleur envers sa famille » (Jami' at-Tirmidhi, n° 3895). La dot et le contrat ne sont que le début : la bonté au quotidien fait le reste.