Entre parents, voisins ou commerçants, on se prête souvent sans rien écrire, par confiance ou par pudeur. Puis viennent l'oubli, le malentendu, parfois la brouille. Le Coran a prévu ce cas dans son plus long verset.
Écrire, même entre proches
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا تَدَايَنتُم بِدَيْنٍ إِلَىٰ أَجَلٍ مُّسَمًّى فَاكْتُبُوهُ
« Ô vous qui croyez ! Quand vous contractez une dette à échéance déterminée, mettez-la par écrit. » (sens du verset, Al-Baqara 2:282)
Le verset demande aussi des témoins, et précise que le débiteur dicte, pour reconnaître lui-même ce qu'il doit. Écrire n'est pas un manque de confiance : c'est une protection pour les deux, et pour leurs héritiers.
En pratique : une feuille datée et signée, ou un message écrit, avec le montant, la date de remboursement et le nom d'un témoin.
| À écrire | Exemple |
|---|---|
| Qui prête, qui emprunte | Awa Koné prête à Moussa Traoré |
| Le montant, en lettres et en chiffres | deux cent mille (200 000) FCFA |
| La date de remboursement | le 30 décembre 2026 |
| Les échéances, s'il y en a | 50 000 FCFA par mois |
| Un ou deux témoins | nom et signature |
Sans écrit possible, le Coran prévoit un gage :
وَإِن كُنتُمْ عَلَىٰ سَفَرٍ وَلَمْ تَجِدُوا كَاتِبًا فَرِهَانٌ مَّقْبُوضَةٌ
« Et si vous êtes en voyage et ne trouvez pas de scribe, un gage reçu suffit. » (sens du verset, Al-Baqara 2:283)
Rembourser à temps
« Le retard de paiement de celui qui peut payer est une injustice » (Sahih al-Bukhari, n° 2287). Repousser sans raison, c'est faire du tort à celui qui t'a aidé.
Et l'intention compte : « Qui prend les biens des gens avec l'intention de les rendre, Allah les rendra pour lui ; et qui les prend avec l'intention de les dilapider, Allah le ruinera » (Sahih al-Bukhari, n° 2387).
Accorder un délai
وَإِن كَانَ ذُو عُسْرَةٍ فَنَظِرَةٌ إِلَىٰ مَيْسَرَةٍ
« Si le débiteur est dans la gêne, accordez-lui un délai jusqu'à ce qu'il soit dans l'aisance. » (sens du verset, Al-Baqara 2:280)
Le verset ajoute que remettre la dette, à titre d'aumône, est encore meilleur. Celui qui prête ne peut pas exiger un surplus pour ce délai : ce serait de l'usure.
Des contrats clairs
Le commerce est permis « par consentement mutuel » (An-Nisa 4:29), et le Prophète ﷺ a interdit la vente incertaine, le gharar (Sahih Muslim, n° 1513) : vendre ce qu'on ne possède pas encore, ce dont on ignore la quantité ou la qualité, ou ce qu'on ne peut pas livrer.
Avant de conclure, vérifie trois choses :
- le bien ou le service est précis ;
- le prix et la date de paiement sont fixés ;
- chacun consent librement, sans pression.
Pour un contrat important (terrain, associé, crédit), fais-toi accompagner, et demande conseil à ton imam sur les clauses délicates.