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Société

Réseaux sociaux : vérifier, se taire ou parler en bien

Partager une rumeur, commenter une photo, exposer la vie d'autrui : les règles de la parole en islam valent aussi pour WhatsApp, Facebook et TikTok.

3 min de lecture · Publié le 10 octobre 2026 · 7 sources

Un message arrive dans un groupe : « Faites tourner, c'est urgent ! » En deux secondes, il est transféré à cent personnes. Était-il vrai ? Personne n'a vérifié. Le téléphone a changé la vitesse de la parole, pas ses règles : ce que l'on écrit, ce que l'on transfère et ce que l'on « like » compte comme ce que l'on dit.

Vérifier avant de transférer

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِن جَاءَكُمْ فَاسِقٌ بِنَبَإٍ فَتَبَيَّنُوا

« Ô vous qui croyez ! Si un pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez-la. » (sens du verset, Al-Hujurat 49:6)

Le verset donne la raison : de peur de nuire à des gens par ignorance, puis de le regretter. Le Prophète ﷺ a dit : « Il suffit à l'homme, comme mensonge, de rapporter tout ce qu'il entend » (Sahih Muslim, introduction, n° 5). Transférer sans vérifier, c'est prendre le risque de mentir à la place de quelqu'un d'autre.

Le Coran ajoute : « Ne poursuis pas ce dont tu n'as aucune connaissance. L'ouïe, la vue et le cœur : sur tout cela, on sera interrogé » (17:36).

Dire du bien, ou se taire

« Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou se taise » (Sahih al-Bukhari, n° 6018 ; Sahih Muslim, n° 47). La règle est simple, et elle règle la plupart des disputes en ligne : si ton commentaire n'apporte rien de bon, ne l'écris pas.

Le Prophète ﷺ a aussi averti : le serviteur prononce parfois une parole sans y prêter attention, et elle le fait tomber très bas (Sahih al-Bukhari, n° 6477 ; Sahih Muslim, n° 2988). Un commentaire moqueur écrit en cinq secondes reste des années.

Médisance et moquerie

Le Coran interdit de se moquer, de donner des surnoms blessants, de soupçonner sans raison, d'espionner et de médire (49:11-12). Le Prophète ﷺ a défini la médisance : « Dire de ton frère ce qu'il n'aimerait pas. » On lui demanda : « Et si ce que je dis est vrai ? » Il répondit : « Si c'est vrai, tu as médit de lui ; si c'est faux, tu l'as calomnié » (Sahih Muslim, n° 2589).

Une capture d'écran envoyée « juste pour rire », une vidéo humiliante, un statut qui vise quelqu'un sans le nommer : c'est la même chose, en plus large.

Protéger la vie privée

« Celui qui couvre un musulman, Allah le couvrira ici-bas et dans l'au-delà » (Sahih Muslim, n° 2699). Exposer la faute, la photo ou le secret d'une personne est l'inverse de ce que le Prophète ﷺ a recommandé. Cela vaut aussi pour soi-même : on n'affiche pas ses propres péchés.

Cinq questions avant de publier

QuestionSi la réponse est non
Est-ce vrai, et l'ai-je vérifié ?Je ne transfère pas.
Est-ce utile à quelqu'un ?Je me tais.
La personne concernée serait-elle d'accord ?Je ne publie pas.
Le dirais-je en face ?Je n'écris pas.
Serais-je en paix de le retrouver dans dix ans ?Je supprime.

Les réseaux peuvent aussi porter beaucoup de bien : un rappel, un conseil, une collecte pour un malade, un savoir partagé avec sa source. La parole en ligne est une parole : elle peut être une aumône ou une faute.

Pour une situation précise (harcèlement, diffamation, conflit dans un groupe), parle avec ton imam, et n'hésite pas à saisir les autorités quand la loi est en cause.

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Dalil ne donne pas d’avis religieux personnel : pour ta situation, demande à ton imam.