Le Prophète ﷺ a été commerçant avant d'être prophète, et on l'appelait « le digne de confiance ». Khadija, son épouse, dirigeait un commerce ; 'Abd ar-Rahman ibn 'Awf est arrivé à Médine sans rien et a demandé : « Montre-moi le marché. » Entreprendre fait partie de l'histoire de cette communauté.
Le principe : le consentement et la vérité
« Ô croyants ! Ne dévorez pas vos biens entre vous de manière illicite, mais qu'il y ait un commerce par consentement mutuel. » (sens du verset, An-Nisa 4:29)
Un consentement n'existe que si l'acheteur sait ce qu'il achète. D'où la règle du Prophète ﷺ : « Le vendeur et l'acheteur ont le choix tant qu'ils ne se sont pas séparés. S'ils sont véridiques et clairs, leur vente est bénie ; s'ils cachent et mentent, la bénédiction de leur vente est effacée » (Sahih al-Bukhari, n° 2079 ; Sahih Muslim, n° 1532).
Ce qui détruit la bénédiction
- Cacher un défaut : « Celui qui triche n'est pas des miens » (Sahih Muslim, n° 102).
- Fausser la mesure : le poids, le mètre, le litre, la quantité annoncée (83:1-3).
- Jurer pour vendre : « Le serment écoule la marchandise, mais il efface la bénédiction » (Sahih al-Bukhari, n° 2087 ; Sahih Muslim, n° 1606).
- Les faux avis et les fausses promotions : c'est le mensonge du marché, en ligne.
Ce qui l'attire
« Qu'Allah fasse miséricorde à un homme conciliant quand il vend, quand il achète et quand il réclame son dû » (Sahih al-Bukhari, n° 2076). La souplesse n'est pas de la faiblesse : un client bien traité revient, et en amène d'autres.
Il est rapporté que le commerçant véridique et digne de confiance sera avec les prophètes, les véridiques et les martyrs (Jami' at-Tirmidhi, n° 1209).
Tenir ses engagements, écrire ses dettes
« Ô croyants ! Remplissez fidèlement vos engagements. » (sens du verset, Al-Ma'ida 5:1)
Le plus long verset du Coran (2:282) demande d'écrire la dette et son échéance, devant témoins. La plupart des conflits entre associés, entre frères et entre amis viennent d'un accord resté oral.
| À fixer par écrit | Pourquoi |
|---|---|
| Qui apporte quoi (argent, travail, local) | Pour savoir ce qui revient à chacun. |
| Le partage des bénéfices, en pourcentage | Une part fixe garantie à l'un ressemble à un prêt à intérêt. |
| Qui supporte les pertes | Celui qui apporte le capital supporte la perte du capital ; celui qui travaille perd son effort. |
| La durée et la façon de se séparer | On se sépare mieux quand c'était prévu. |
| Les dettes clients et fournisseurs | Avec la date et la signature. |
Démarrer sans riba
Le crédit à intérêt n'est pas la seule porte : l'épargne, l'association avec partage des profits et des pertes (moucharaka, moudaraba), l'achat de matériel avec une marge connue (mourabaha) auprès d'un guichet islamique, le prêt sans intérêt d'un proche, écrit et daté. Voir l'article « Le riba : pourquoi l'islam interdit l'usure ».
Les droits des autres
Payer ses employés à temps, ses fournisseurs à l'échéance, ses impôts et sa zakat sur le stock et la trésorerie : un commerce ne prospère pas durablement sur l'argent d'autrui.
Avant de signer un contrat d'association ou de financement, montre-le à ton imam ou à un spécialiste de la finance islamique.